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Patrick Loughran


Patrick Loughran est né aux États-Unis. Il vit et travaille à Paris depuis 1991. Diplômé des Sciences Politiques et Beaux-Arts de Columbia University, New York City, il enseigne à l’École Nationale Supérieure d’Art (ENSA) de Limoges-Aubusson et à l’École Municipale d’Arts Plastiques, Saint-Denis. Il expose sculptures et dessins en France et à l’étranger : récemment, avec la Galerie Helenbeck, Paris; la Biennale Internationale de Céramique de Châteauroux; la Fondation Bernardaud, Limoges et Mona Bismarck Foundation, Paris; la Maison d’art contemporain, Chaillioux, Fresnes; Espace d’art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge ; Fule International Ceramic Museums, Fuping, Chine; Musée des beaux-arts, Reims; Musée de Saint-Amand-les-Eaux.

L’œuvre

"Scungili", 2009, terre cuite émaillée, 39 x 100 cm. (2 éléments). Photographie Eric Lamouroux

Découvrir les œuvres de Patrick Loughran, dans l’atelier, est une riche expérience car dans le pêle-mêle du lieu de production, les sculptures cohabitent à touche–touche sur les étagères, dans une effervescence de couleurs et de formes très jubilatoire.

"Autarky", 2009, terre cuite émaillée, 58 x 35 cm. Photographie Sylvain Modet

Cette rencontre directe avec les œuvres suscite une approche plus spontanée que dans le contexte d’une exposition. Il les extrait une à une des tablettes et les pose sur les tables dans des rencontres improvisées. Il est plaisant de se laisser assaillir par la puissance suggestive des volumes pourtant, ce qu’ils donnent à voir n’est pas d’essence figurative et rien ne m’est donné explicitement. Disons qu’au travers de ce que je vois je devine l’attention et la sensibilité que l’artiste porte à l’environnement qui l’entoure. Il s’imprègne des choses vues et senties comme la géologie d’un paysage, le détail d’un objet, l’atmosphère d’une cuisine, la vie de tous les jours et les transpose autrement.

"Laborintus Duo", 2008-2009, terre cuite émaillée, 59 x 75 cm. (2 éléments). Photographie Eric Lamouroux

La rencontre avec Patrick sur son lieu de travail donne une information d’importance. À l’heure où bon nombre d’artistes développent des dynamiques de projets in situ, il revendique ce rapport au lieu et à l’outil de travail. La façon dont il travaille doit beaucoup à la liberté d’exploration qu’offre la pratique de l’atelier. Toute une gamme de gestes et un sens de l’improvisation viennent dans le lieu. Quand il appréhende la mise en espace d’une exposition, il prolonge cette relation de proximité entretenue avec les sculptures et l’aborde comme une mise en extension de l’atelier.

"Fontaine", 2009, grès émaillé, 56 x 45 cm. Photographie Sylvain Modet

Patrick Loughran développe un travail qui met en jeu le savoir faire de la céramique tout en se nourrissant d’œuvres qui questionnent l’histoire de la peinture et de la sculpture comme celles qui ont constitué le terreau extrêmement fertile de l’art américain – de l’anti-forme à l’action painting. Cette attitude se retrouve aussi dans son appréhension de l’objet. S’il puise dans les menus faits quotidiens et observe le rapport sensible qui lie un geste à un objet, il développe envers eux une relation purement métaphorique.

"Tango", 2009, terre cuite émaillée, 57 x 37 cm. Photographie Sylvain Modet

 

Il met en tension l’intériorité et l’extériorité du matériau, comme s’il était conducteur et évoquait le passage d’un état à l’autre. Aussi peut-on avancer l’idée que le matériau met la forme en tension et réciproquement et que l’enjeu de la céramique est d’entretenir ce dialogue. Nous appréhendons les formes comme si elles nous ramenaient sans cesse à leur naissance.

Nathalie Secardin

LE PROJET

>> "Céramiques", exposition collective.

Le site, la ville

>> Danjou & Boda, Iwuy

Odile Levigoureux

Diplômée en 1967 de l’Ecole Supérieure des Métiers d’art de Paris (section vitrail), Odile Levigoureux commence à travailler dans les ateliers de plusieurs maîtres-verriers avant de s’orienter vers l’art textile (1980: prix de la Jeune Tapisserie). En 1983, elle expose de grandes tapisseries à la Galerie La Demeure. Récemment, on a pu voir son travail au Château-d’Eau (Bourges) et à l’Arsenal de Metz, à l’occasion d’une exposition rétrospective.

LES projets

>> Carte blanche
>> « Céramiques », exposition collective

LES Sites, les villes

>> Siège de l’entreprise Danjou & Boda (Iwuy)
>> Le Beffroi (Douchy-les-Mines)

Ruta Jusionyte

Ruta Jusionyte est née en 1978 en Lituanie. Elle vit et travaille en France. Depuis 1998, elle participe à des expositions en France, Belgique et Lituanie. Elle est représentée par la galerie Marie Vitoux depuis 2007 qui lui a consacré un catalogue monographique, Ruta Jusionyte, en 2010.

Ruta Jusionyte, "Centaure", 2009, terre cuite, 55 x 45 x 25cm. Courtesy Galerie Pierre et Marie Vitoux

La Rencontre…

Elle arrivait de Lituanie et m’offrait à voir un petit mouton, enfin une sorte d’animal en terre, étrange, hybride, dense, fragile.
Était – ce un signe de reconnaissance de l’enfance grave et naïve?
Des petits hommes ont suivi, des êtres éternels, monolithiques, archaïques, venus d’horizons lointains ou d’entrailles profondes, chargés de l’histoire de la terre.
Le corps déjà dépassait l’enveloppe charnelle. Les yeux cherchaient l’échange avec le monde. Étonnés, ils perdaient peu à peu leur ciel pour se perdre au plus profond : le regard du dedans.
Laisser une trace… il y a si longtemps qu’ils sont là, dénudés et vivants. Regardez – les, ici et maintenant, se mouvoir très lentement ou attendre en silence. L’infini est dans les trous et l’air emprisonne leurs attitudes, leurs enlacements.
« Les hommes ne savent pas ce qu’ils cherchent » disait le petit prince de St. Exupéry. Sidérés, apeurés, les êtres de terre étirent leurs grosses têtes vers nos désirs non exprimés. D’une beauté tendre et sauvage, ils laissent échapper de leurs failles les lumières d’espoir de l’humanité.
Sur fond blanc, les taches sombres des ténèbres, des esquisses d’attitudes, les mouvements de repli et d’errance, des cicatrices de la vie, les dessins de Ruta parlent à ses sculptures.

Marie Vitoux

LE PROJET

>> « Céramiques », exposition collective.

LES SITES

>> Hôtel de ville
>> Siège de l’entreprise Danjou & Boda

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Gérard Bignolais

Gérard Bignolais (1937 – 2007) commence à exposer en 1971, il s’ensuit une carrière de sculpteur riche en expositions personnelles, en salons parisiens tels que le Salon d’Automne, le Salon de Mai, Figuration Critique, Formes humaines et marquée par de nombreuses installations : La Mort de Franco (Galerie Orly Sud, 1979), Hôpital de fortune (Fontenay-sous-bois, 1983), Destruction/construction, Centre de Gérontologie de Ste Perrine, 1984), Rêve + Évolution (Vierzon, 1988). En 1997, il présente Chrysalide 97 et publie Prises d’Empreintes, Prises de Vues, quinze ans de sculptures accompagnées de photographies dans l’atelier par Sabine Weiss. En 2003, il participe aux salons Grands et Jeunes d’Aujourd’hui (Luxembourg), aux Salons d’automne (Paris) et de Mai (Tokyo). Quelques unes de ses dernières expositions : À trois temps (Galerie Vitoux, Paris), Céramiques insolites (St Galmier), Regards et paroles (Galerie Le Corbusier, Trappes).

Gérard Bignolais a exposé ses sculptures, réalisées par prises d’empreintes corporelles pendant près de vingt ans, en trois périodes successives : en pierre blanche sous la désignation "la peau sur les os", en grès mélangés, engobés et salés sous la désignation "les blessures secrètes" et en grès enfumé dont le titre était "le corps opaque".
Si ces sculptures posent la question de la ressemblance c’est dans les écarts que viennent en partie s’accrocher la signification de l’œuvre. Sa technique complexe et exigeante invite aussi à rêver…
Pareilles à des vestiges archéologiques, vous sentez que ces sculptures sont destinées à survivre, rappelant la vérité d’un corps ou d’un visage chair marqué de "l’empreinte Bignolais".

Marie Vitoux

LE PROJET

>> « Céramiques », exposition collective.

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>> Siège de l’entreprise Danjou & Boda

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Céramistes

Nicole Crestou, "Tête en terre crue" (colonne détail), musée du Berry Bourges 2006

Depuis quelques années, la céramique, tant sur le plan français qu’international ne cesse de s’affirmer comme un art à part entière, en quête de distinction. Les découvertes techniques récentes, les grands progrès de la chimie des émaux, ont permis de donner un nouvel élan à cette discipline. Art de tradition multi-millénaire – céramique et révolution néolithique sont intimement liées –, mais qui, au fil du temps, s’est régulièrement renouvelé, époque grecque, tradition chinoise et nippone, Renaissance, Jugenstil, Arts déco ou sixties : c’est sur ce passé, fait de technicité, sur cette vitalité et la riche diversité des pratiques : porcelaine, grès, faïence, terre vernissée, Raku, etc, que se fondent les artistes ici invités, à Iwuy.

Alain (Georges) Leduc
Commissaire général du festival

LES ARTISTES

>> Gérard Bignolais, Nicole Crestou, Ruta Jusionyte, Odile Levigoureux et Patrick Loughran.

© Gérard Lorriaux 2010

LE SITE

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Nicole Crestou

© Roz Herrin

Née en 1957 à Vierzon, Nicole Crestou a étudié la céramique à l’École Nationale des Beaux-arts de Bourges (1979-1980) avant de passer en 1988 un D.E.A. d’Histoire de l’Art, Paris I Panthéon-Sorbonne. Elle a obtenu en 1992 un Doctorat en Arts et Sciences de l’Art à Paris I. Passionnée par le modelage, Nicole Crestou a commencé très jeune la céramique et consacré une grande part de ses études à cette technique tant à l’école des beaux-arts qu’à l’Université. Elle a participé à plus de 250 expositions collectives et organisé une trentaine d’expositions personnelles. Son cycle A Terre Perdue I – VII, a notamment été montré entre 1986 et 1990 à la Maison de l’habitant (Vierzon), à l’École Normale (Bourges), à Saint-Charles (Paris), à Autographe (Paris), à l’Espace 13 (Théâtre 13, Paris), à la Galerie Pierre-Marie Vitoux (Paris) ainsi qu’à l’Espace 31 (Issy-les-Moulineaux). Impliquée dans des associations professionnelles, Nicole Crestou participe à la mise en place d’événements d’art céramique en Puisaye, à La Borne ou Paris. Dans le domaine de la sculpture, elle poursuit ses installations en terre crue, composées d’éléments répétés figurant le corps, mis en scène pour se détruire au cours de l’exposition. L’espace dicte la scénographie. La terre crue côtoie parfois la terre cuite.
Nicole Crestou est représentée par la galerie Pierre-Marie Vitoux (Paris).

Le projet

Nicole Crestou, "colonnes de têtes, terre crue" (détail) prieuré de Champdieu, 2008 (en intérieur), photographie de l'artiste.

Têtes empilées, écrasées, s’effondrant sous les coups, déjà détruites et cependant toujours là, résultats d’on ne sait quel désastre… Têtes, torses, mains, vertèbres, témoignant de la fragilité de l’être, désignant par absence les pressions faites sur l’homme (la femme, l’enfant), contre lui, contre l’espèce qui voudrait vivre autre chose. Pas la mort mais, du fait du désastre, la contrainte, la blessure, le poids des choses mal organisées, pas organisées pour la vie justement.

Nicole Crestou a trouvé le point faible de la représentation, là où la sculpture à la fois est marquée par le temps et résiste encore un peu. Dans cet effondrement des corps, par leur propre lourdeur, par leur matière si décomposable, le sculpteur montre paradoxalement une sorte de pérennité des forces de résistance : ici il y a encore quelque chose qui, avant de retourner au rien, à la boue originelle, pousse un dernier cri, parle d’une dernière parole en forme d’humanité, inaltérable voix des civilisations et des sociétés…

La sculpture, venue de l’humain et le dessinant par le plein et le vide, le désir ou le décharnement, n’est pas chassée par quelque fantaisie contemporaine mais réinstallée au contraire dans sa vocation de matérialisation de l’idée-force. Le paradoxe signalé, cette urgence de nous sauver quand il est encore temps, est moins attribuable à un désespoir du sculpteur qu’à une réflexion dans le matériau, un retour sur la capacité de l’art à dire ce qu’on n’entend plus ailleurs. Camps de concentration, usines explosives de la chimie envahissante, bombardements des pays qui ne veulent pas céder, famines contrôlées pour que des peuples ne naissent plus, toute notre actualité atteste qu’on s’en prend toujours au corps : Nicole Crestou le "prend" à son tour, pour le rendre à la contestation de l’art.

Raymond Perrot, juin 2002

LE SITE, le projet

>> Le siège de l’entreprise Danjou-Boda accueillera une Exposition de céramique rassemblant des œuvres de Gérard Bignolais, Nicole Crestou, Ruta Jusionyte, Odile Levigoureux et Patrick Loughran. En savoir plus…

LA VILLE

>> Iwuy